Ma « non-traversée » du Festival
Si j’intitule ainsi, par provocation, ce dernier ressenti, c’est parce que, au terme – échu – de ces semaines de festivals, j’ai le sentiment de ne pas avoir véritablement « traversé » ces semaines estivales fiévreuses, ni dans le Festival d’Avignon proprement dit, ni dans le Off. Plutôt le sentiment d’avoir été traversé par ces festivals.
Je commencerai par ce dernier, le Off, qui, comme on le sait, n’ayant pas de programmation, nous livre au hasard des propositions et du fameux bouche à oreille, auquel, soit dit en passant, les réseaux dits sociaux grignotent de plus en plus de terrain. Alors, fidèle à mes fidélités, je suis allé voir neuf spectacles en tout, au Chêne Noir, à la Rotonde, et au Théâtre de la Bourse du Travail CGT. Et, comme je l’ai déjà écrit, mon coup de cœur est allé droit au cœur au « Conte d’Hiver » au Chêne, avec mon ami Laurent Montel et toute la brillante troupe de comédiens autour de lui.
Du coté du Festival d’Avignon, la question est plus délicate. Ou plutôt, les questions, les 80 que Tiago Rodrigues nous avait posées pour cette 80ème édition. Non que je le lui reproche, bien au contraire, mais parce que la multiplicité des interrogations m’interroge (j’aime bien les répétitions).
Si j’ai une réponse à peu près faite à la question posée sur « Thésée, sa vie nouvelle », à savoir « Qu’est-ce qui se cache au fin fond du palais de la mémoire ? », c’est d’une part que j’avais au préalable lu le roman de Camille de Toledo, d’autre part que je ne peux être objectif quand le je trouve Valérie Dréville. Et enfin, plus subjectivement, après m’être livré durant plus d’un an à des recherches sur l’histoire de nos familles, que remontent en moi certains souvenirs qui, sans atteindre le niveau de douleurs du roman, font ressurgir quelques éléments troublants de ce passé dans lequel je me suis plongé : mais je ne vous en dirai pas plus.
J’ai un peu plus de mal à répondre aux autres questions posées par le programme... Sauf peut- être à la celle posée sur l’intérêt de continuer à jouer Hamlet : je n’ai vu et apprécié que le spectacle itinérant à trois personnages, il a suffi amplement à répondre à la question, continuons à le jouer et à en explorer les mystères !
Une autre question à laquelle je peux trouver une réponse, c’est celle sur « Bunker » : toutes les dystopies, tous les progrès technologiques, toutes les interrogations philosophiques sur le manque de communication, n’empêcheront jamais qu’un homme, aussi puissant soit-il, demeurera un homme, avec toutes ses lâchetés et ses faiblesses.
Après tout, ne pas pouvoir répondre à toutes les questions, même celles de « L’Aube », à laquelle je n’ai pas assisté, c’est peut-être aussi une forme de réponses, comme l’aurait certainement dit mon prof de philo.
En tous cas je réponds à la question sur le Festival dans les 80 prochaines années : contentons- nous déjà du 80ème anniversaire, l’an prochain !
Sur cette pirouette-là, je nous souhaite un bel été
Pierre Platon
Platon a choisi pour vous dans La Provence :
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Fondateur du Théâtre du Chêne Noir, metteur en scène d’une pièce "moliérisée" ("Confidences à Allah"), l’artiste n’a jamais eu la langue dans sa poche. Il regrette de ne pas avoir été contacté dans le cadre de la 60e édition du Off.
"Les gens d’AF & C (l’association qui encadre le Off) pensent peut-être que je suis mort ! Pourtant, l’an prochain, nous aussi on fêtera nos 60 ans, ceux du Chêne Noir" confie l’auteur et metteur en scène Gérard Gelas à La Provence. "Quand j’étais jeune, j’avais deux maîtres, deux référents : Jean Vilar et André Benedetto, pour son écriture."
Benedetto montra la voie
Assis à la terrasse d’un café, Gelas père, 79 ans, le stipule ainsi : "je regrette que les gens d’AF & C (Avignon Festival et Compagnies) ne m’aient pas passé un petit coup de fil en amont de cette 60e édition. Pour avoir les informations sur ces années là, pour avoir le récit d’un Avignonnais jusqu’au bout des ongles, pour raconter comment tout ça (le Off) est arrivé, puisqu’André (Benedetto) n’est plus là. André a été le premier à jouer pendant le festival de Vilar, (Statues). Il a montré la voie".
Le rush de la presse nationale
"Pour ma part, j’ai monté la pièce "Marylin en 1969, en juillet également. A ma grande surprise, la presse nationale, qui venait à Avignon pour couvrir la Cour d’honneur, a débarqué pour couvrir la pièce : Colette Godard (Le Monde), Lucien Atoun (France Culture), Dominique Jamet (L’Aurore), Pierre Marcabru (Le Figaro). La grande actrice Marthe Mercadier est ensuite devenue notre productrice, et quelques mois plus tard, on jouait à Paris à la Cité internationale. C’était complètement fou, soudain et rapide".
"Le Off, lieu de liberté"
"Voyant le jeune inconnu Gelas avoir ce succès si soudain, est-ce que ça a donné des idées à des jeunes compagnie pour venir jouer au Off en juillet 1970 ? Je le pense. Cet été, là, il ne devait pas avoir plus de 10 ou 15 compagnies qui jouaient sur Avignon. Ça a augmenté doucement dans les années 70, et ça a vraiment explosé dans les années 80, avec une arrivée massive de troupes, et la prise de pouvoir par des marchands, qui se sont installés ici, l’été, et ont commencé à exploiter les compagnies. Un reflet de la société dans laquelle ils évoluaient.
Mais attention, j’ai un grand respect pour le Festival Off, c’est encore un lieu de liberté, où on découvre beaucoup d’artistes passionnants, et de vraies pépites parmi tous les spectacles présentés."
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Conférence de Presse du OFF – le 23 juillet 2026
A la différence du Festival, qui propose une programmation, c’est principalement sur des données chiffrées qu’a porté cette conférence de presse du bilan du OFF, animée par le trio Harold David, Laurent Domingos et Raymond Yana.
Cette édition aura donc connu 1.812 spectacles, joués sur 141 lieux théâtraux, par 1.500 compagnies, dont 90 % de françaises : chiffres encore une fois en hausse.
Ce calcul porte sur 52 % de remontées, issus des Cartes Off et du dispositif Ticket Off. Ce qui représente, à la date du 21 juillet, 1.300.000 billets, pour un taux de remplissage, en moyenne, de 54 % (dont 8% en exonéré).
On estime, toujours en moyenne, que cette édition a généré 22 millions de recettes de billetterie. L’opération « coup de cœur » a été bien suivie, avec 13.000 spectateurs enregistrés.
Coté Ticket-Off, il s’en est vendu + 15 %, dont un tiers vendu avant le début du Off, pour 64 % sur des spectacles de théâtre.
Quant aux 84.000 cartes Off vendues, elles représentent 2,5 fois de plus de billets, pour une jauge totale estimée à environ 450.000 spectateurs, dont 41 % provenant de la région du Sud-Est.
Malheureusement, 513 spectacles ne bénéficient d’aucune subvention !
Du coté des retombées, avec 2.800 accréditations (presse et pros), on estime qu’elles ontprogressé de 20 % : on le constate aussi sur le site, avec une fréquentation de + 15 %.
Au-delà de ces donnés chiffrées, les organisateurs d’A F&C se sont auto-félicités des actions de préventions sur les VSS, et sur la mise en place de l’accueil parents-enfants du Tadam, fréquenté par 10.000 personnes. De même sur les Temps Forts (cette année, la Méditerranée), la Librairie, et la fréquentation accrue du Village du Off (118.000 personnes).
La nouveauté cette année a été les rencontres avec des personnalités politiques questionnées sur leurs objectifs en matière de culture pour l’élection présidentielle de 2027 : huit y ont répondu.
Coté perspectives pour 2027 : Les États Généraux de la Diffusion – un invité d’honneur à déterminer – le Fonds d’émergence et de création – réflexion avec la Ville sur l’affichage et sur les résidences de compagnies locales – un label compagnies socialement responsables – une billetterie ouverte pus tôt – un espace d’oasis pour les artistes, à l’École des Ortolans – réflexion sur l’usage du programme papier – créer un véritable Observatoire des Données - un Fonds de dotation du Mécénat – la mise en place d’un nouveau projet associatif d’A F&C.
Les derniers échanges avec la salle ont fait apparaitre la très forte inquiétude, déjà manifestée cette année, sur l’avenir de la culture, dans le secteur privé comme public, qui doit tous nous mobiliser, quelles que soient les incertitudes politiques sur 2027.
Quelques questions récurrentes : oui, les compagnies perdent de l’argent en venant jouer (rien de nouveau !) – quid des spectacles au-delà des remparts ? - et se posent de plus en plus les problèmes de logement hors Avignon, et de mobilités à partir de certaines heures et destinations.
On terminera en remerciant les membres du Conseil d’Administration, l’équipe, les compagnies, la Ville, les médias, le public... et en se donnant rendez-vous pour la 61ème édition en juillet 2027.
Pierre Platon
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Mardi 15 septembre
Une soirée totalement immersive, véritable son et lumière culinaire inédit au sein de l'Opéra du Grand Avignon. Exclusif… plongez dans une ambiance électro-artistique pour un repas sensoriel,
orchestré par le chef étoilé Mathieu Desmarest.
Un repas d'exception,
rythmé par les interventions
du DJ Pascal Peck, homme-orchestre des festivals electro de la région ;
des artistes de l'Opéra et du Conservatoire Grand Avignon ;
des danseurs et danseuses de L’ArtScène / AICOM - Avignon.
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Platon a choisi pour vous dans La Provence :
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Bunker
De Marion Siéfert & Mathieu Bareyre
A la Fabrica
La FabricA du Festival d'Avignon 11 rue Paul Achard
Durée : 2h30
Comment ne pas faire le rapprochement avec la sublime pièce de Tiago Rodrigues « La Distance » présentée en 2025 ? Sauf qu’ici la distance séparant un père de sa fille ne se mesure pas en planètes différentes, mais en silences dans un même lieu.
Qu’est-ce donc que ce personnage de Paul, magnat de la pétrochimie mondiale, mélange d’Elon Musk et de Bernard Arnault ? Dans un monde à + 5 degrés, où « même les cailloux ont chaud », il s’est fait construire un super-bunker dans sa villa de luxe, où il s’est mis à l’abri de tous les malfaisants qui selon lui peuplent la surface de la terre.
Qu’attend-il des implants neuronaux que le professeur, un peu démiurge lui aussi, lui a greffédans le cerveau ? Qu’il lui permette de se passer des outils numériques, mails, visioconférences, et autres, puisqu’il les a en lui-même : et c’est efficace, il continue à tout diriger et à passer desordres financiers à tout son empire, via son fidèle Jean-Marc.
Pourquoi sa fille, Ami, réfugiée avec lui dans ce bunker, refuse-t-elle obstinément de lui parler ?
Et depuis quand ? Mais elle s’exprime par ses hobbies, la lecture, la danse, le tir à l’arc. Sa filledemeure pour Paul son seul appui, alors que son épouse est au loin, qu’il est définitivement fâché avec son fils, et que sa mère ne communique plus avec lui que par téléphone. Pourtant, malgré son insistance, elle refusera de signer des documents lui donnant un avantage successoral sur son frère.
Question subsidiaire : refuser de parler, est-ce un déni, une fuite, ou, au contraire, une affirmation de son opposition ? Je penche pour le second concept, dans le cas précis d’Ami.
Laquelle nous livrera les raisons de son mutisme dans une lettre dictée alors que son père fait sa sieste.
Les supers pouvoirs de Paul en font-ils un super-homme ? Pas vraiment, car il se soumet à une séance de vélo d’appartement à la limite de la démesure physique que lui impose son coach.
Et sa colère éclate quand il constate que ses enfants l’abandonnent, le fils fâché et la fille obstinée dans son mutisme et son refus d’être avantagée.
La folie de Paul est-elle réelle ou simulée, lorsqu’il se déguise en empereur ? Avant de passer à table avec un poulpe géant, signe du dérèglement du vivant sur la planète. Mais c’est le moment qu’il choisit pour s’épancher sur ses propres « malheurs » familiaux, signes de sa propre faiblesse, finalement humaine.
Un bunker sécurisé ? Pas du tout, quand il se produit une intrusion, celle d’un « rat » (dixit la mère) qui défigure atrocement le fidèle Jean-Marc, au point que Paul en soit réduit à l’étrangler.
La conclusion de cette dystopie ? Les implants neuronaux de Paul se dérèglent, le chirurgien, redevenu gourou de ses propres expériences, le constate lui-même : Paul peine à reconnaître un coquelicot, puis des patins à roulettes, et enfin il cale devant un arc-en-ciel (cependant qu’Ami, coïncidence troublante ou voulue, tire à l’arc). Il finit en bredouillant lamentablement, tandis que sa fille le nargue en jouant de l’harmonica, dérisoire cadeau qu’il lui avait offert.
Je romps avec les questions, chères à cette 80ème édition, pour souligner le décor simple, et très futuriste, sans comprendre cependant le lent déplacement de ces « écoutilles » sur le plateau : signe peut-être que tout se dérègle, même dans un bunker hyper sécurisé.
Et j’applaudis des deux mains la performance de Charles-Henry Wolff, qui incarne de superbe manière la personnage de Paul, durant les deux heures et demi du spectacle.
Pierre Platon
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Terces
Johann Le Guillerm
Villeneuve-en-scène
Villeneuve-lez-Avignon
J’aurais quasiment envie de ne pas écrire sur ce spectacle. De dire carrément aux gens : allez le voir, et sans tarder, il se termine ce soir à 22 heures !
Déjà émoustillé par une de ses spectacles / performances vu au Festival il y a quelques années de cela, je savais bien que j’allais trouver des choses, des objets, des machines, vraiment bizarres, et sorties de l’imagination de cet artiste inclassable : physicien (la loi des fluides, celle des équilibres), magicien parfois, circassien de toute évidence, il est un peu tout cela à la fois, et encore plus.
Sous un chapiteau plein à craquer, dans cette belle Plaine de l’Abbaye, où l’on entre avec des terrains de boules éclairés a giorno, des buvettes, un espace pour les enfants, un chapiteau pour un autre spectacle, on en oublie la chaleur, et on s’installe sur des bancs en bois autour de la piste centrale, attentifs à ce que va nous proposer Johann Le Guillerm.
Comme il le dit lui-même, « je suis dresseur d’avions en papier » : ça commence par une simple feuille de papier blanc, qu’il plie en forme d’avion, et qu’une fois lancé revient se poser dans sa main ou sur son épaule : la poésie est déjà là.
Et puis viennent encore : une étrange structure de plexiglas qui multiplie ses formes géométriques – une araignée aérienne qui évolue tenue par un fil – une calligraphie où apparaissent des chiffres que l’on ne voyait pas, simplement révélés en effaçant ce qui les dérobait à notre vue. Nous sommes bien dans ce que l’artiste appelle une pratique de l’espace des points de vue.
Un équilibre instable sur un empilement de gros volumes de livres (ça tombe bien, moi qui veux me débarrasser d’une encyclopédie !).
Puis des machines improbable qui avancent toute seules, mues par l’énergie de sabliers et de vases d’eau.
Et encore une étrange structure où la seule force de son conducteur la meut d’avant en arrière.
Et pour finir, les clous – si j’ose dire, il n’y en a pas – du spectacle, avec de simples madriers qui, montés très adroitement développent, pour la première, un équilibre hautement instable avec lequel Johann joue littéralement.
Et l’on termine avec la construction d’une immense cabane tenant tout l’espace de la piste, toujours sans clous ni vis ni colle, et sur laquelle, pour en attester la solidité, notre artiste monte et se tient debout au sommet ! Et moi qui ne sait même pas planter un clou sans se taper sur les doigts…
Ovations nourries d’un public attentif jusqu’au bout à ses performances.
Un dernier mot pour souligner la bonne idée que le Festival a eu de déléguer aux organisateurs de Villeneuve-en-Scène ces soirées : ils le méritaient bien, pour leur trentième anniversaire.
Pierre Platon
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MISÉRABLES !.
Il n’a plus qu’une heure à vivre.
Il a urgence à raconter dans un souffle l’épopée dont il a été témoin.
Il dit la révolte calme qui monte, les mots simples et droits, les tempêtes sous un crâne.
Il incarne Valjean, Javert, Fantine, Cosette et Thénardier, dresse des barricades, sauve Marius sur un fond de musiques modernes.
Il Prête sa voix aux personnages légendairement humains, leur donne corps dans la boue, revendique par ce langage pointu, aiguisé comme un couperet, ces idées étonnantes de modernité.
Y a-t-il encore des misérables? Ce texte est-il actuel?
Laissons les mots faire leur chemin, de la plume, à la voix, de la voix à vos tripes.
du 4 au 25 juillet relâche les 6, 13, 20 juillet
17h00 1h10
BOURSE DU TRAVAIL CGT (THÉÂTRE DE LA)
Salle : BOURSE DU TRAVAIL CGT
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Platon a choisi pour vous dans La Provence :
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L’École des Femmes
Molière était-il un féministe avant l’heure, au XVIIème siècle ? je le pense, après avoir vu, au Chêne Noir à 10 h 15, salle Léo Ferré (relâche les 6, 13 et 20), cette Ecole des Femme, brillamment mise en scène par Frédérique Lazarini et interprétée par six comédiens pleins de pétulance dans leur jeu de scène.
C’est à une « folle journée », comme aurait dit Beaumarchais, à laquelle nous assistons, dans la maison d’un Arnolphe moderne, ce tuteur qui veut épouser sa pupille et qui, pour qu’elle reste à lui, l’a éduquée dans l’ignorance et l’isolement. Elle est ainsi placée dans une maison de verre, sous la constante surveillance, au-delà des deux valets du maître, des caméras de vidéosurveillance qui la suivent et l’espionnent dans tous les recoins. Système moderne qui n’a cependant pas empêché Agnès de succomber aux charmes d’Horace. Lequel, on le sait, ira jusqu’à s’en ouvrir à Arnolphe, décuplant encore plus sa folle jalousie : inutile, dérisoire même, puisque c’est Agnès elle-même qui viendra lui réclamer sa délivrance !
Je ne vais pas vous raconter toute la pièce, qui, comme à l’accoutumée avec Molière, se résout quasi magiquement par une révélation sur la véritable identité d’Agnès, alors tout heureuse de convoler avec Horace, au grand détriment d’Arnolphe, confondu et ridiculisé par ses propres amis.
L’humour de cette pièce, qui célèbre la puissance libératrice du véritable amour, est ici porté au plus haut degré, tant par le dispositif scénique que par le jeu percutant des comédiens.
Un excellent moment à passer avec Molière, pour débuter une journée sous le signe de l’intelligence et de la joie.
Pierre Platon
Connaissez-vous bien Reggiani ?
Je vous invite à mieux le connaitre, avec le spectacle musical « Rendez-vous avec Serge Reggiani », proposé chaque soir (sauf les lundis de relâche) à 21 h au Théâtre de la Bourse du Travail CGT, lieu accueillant s’il en est, au 8 de la Rue Campane à Avignon.
Certes, vous y retrouverez quelques chansons connues, « Mon petit garçon », « Sarah », « Le déserteur », « Les loups », « Le barbier de Belleville », et d’autres, mais vous y découvrirez, pour les moins spécialistes de son répertoire, d’autres qui vous surprendront par leur profondeur, voire leur légèreté : avec Serge, merveilleux interprète, c’est à une véritable leçon de vie que nous assistons.
Pas de décor : un micro pour la chanteuse et comédienne Annick Cisaruk, un autre pour son accordéoniste arrangeur, David Venitucci, et la magie opère, au cours des une heure quinze de la soirée !
Alors, laissez-vous vous y entraîner vous aussi, vous en ressortirez pleins d’amour pour ce récital de notre « italien » de la chanson
Pierre Platon
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Platon a choisi pour vous dans La Provence :
L'année s'est terminée en beauté et quelle année !
Grâce à vous, Confluence a accueilli en 2025 :
109 spectacles, près de 1 500 artistes, humoristes, chanteurs & musiciens et pas moins de 70 000 spectateurs !
Les rires, l'émerveillement, la surprise, la douce nostalgie sont quant à eux incalculables mais mémorables.
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